Il existe au Caire, un quartier cosmopolite au carrefour de trois cultures, l'Occident, l'Orient et l'Afrique. Un quartier lié aussi à la redécouverte de la Villa Empain. C'est Héliopolis et son constructeur n'est autre qu'Édouard Empain, le fondateur de la dynastie. "Héliopolis, explique l'archéologue Marie-Cécile Bruwier, directrice du musée de Mariemont, était le plus grand temple solaire de l'Égypte ancienne. À l'époque, on y trouvait une vingtaine d'obélisques transportés plus tard vers Alexandrie. Le lieu fait aussi partie de la géographie sacrée du voyage de la Sainte-Famille en Égypte. Héliopolis serait le lieu où elle se serait abritée. C'est toujours un endroit de pèlerinage." Lorsque Léopold II incite les industriels belges à investir en Égypte, Édouard Empain ne se fait pas prier. Très actif dans tout ce qui est trains et vicinaux (c'est lui qui a construit le métro parisien), il a sur place, non loin de l'ancien site d'Héliopolis, l'occasion d'acheter, au début du XXe siècle, un vaste territoire de sable, d'une superficie égale à celle du Caire. "Il y voit directement l'occasion, développe à son tour Anne Van Loo, architecte et urbaniste, de créer une ville idéale reliée au Caire par une ligne de tram. Un endroit qui serait habité par l'intelligentsia locale et européenne. Il imagine d'abord une ville composée de plusieurs oasis avec un centre de loisirs, des quartiers plus modestes etc. Mais il va être partiellement arrêté dans son élan par la crise financière qui frappe alors l'Égypte." L'Héliopolis d'Édouard Empain naîtra pourtant du sable. C'est une ville avec deux centres où la tradition islamique, l'Art nouveau et l'Art déco se mélangent.